vendredi 3 juin 2011

Narcose vespérale

Voilà plus d'un mois que je n'ai rien publié.
A ma décharge, j'étais en voyage à 19000 km du territoire. Et la réadaptation s'avère un peu difficile.
Pourquoi? Pour une histoire de corps célestes et de deux astres en particulier: la lune et le soleil.
Je vous sens incrédules. Alors je vous rassure: je ne vais pas vous livrer une prédiction comminatoire, l'actualité s'en charge. Ni me lancer dans un bavardage frivole sur l'astrologie et l'horoscope (je glisse simplement au passage que mon signe zodiacal est le cancer, et comme nous sommes en juin...). Juste vous parler en prologue de Nostalgie de la lumière, de Patricio Guzman, un documentaire politique, poétique et émouvant qui constitue une magnifique méditation sur la dictature chilienne, le passé, la terre et le ciel. Car le sujet qui me préoccupe aujourd'hui concerne bel et bien l'astronomie, et son titre aurait pu plagier celui de Guzman. Alors j'y viens.
En principe, tout comme on répond rarement "non" à la formelle question "ça va?", on relate rarement les aspects négatifs d'un voyage et on en photographie rarement les éléments les plus sordides. On se concentre sur "le beau" et le "lisse".
Là, vous êtes perdus. Lisez la suite, ça se précise.
En Nouvelle-Calédonie, il existe des arrières-cours jonchées de poubelles et déchets, des squats, des montagnes saignées par l'exploitation minière, des rivages pollués, des carcasses de voitures qui rouillent un peu partout, etc. Mais il y est peu fait allusion dans les blogs personnels supposés décrire une vie sportive, merveilleuse et enthousiaste grâce à la présence du généreux lagon.
Pour que vous compreniez mieux, je vais simplement donner quelques chiffres et horaires particulièrement éloquents, et tout va devenir limpide : ici, tout près du tropique du capricorne, le soleil se couche à 17H18 et à 18H il fait déjà nuit noire!!!
De quoi éprouver un sentiment d'angoisse au crépuscule quand on regarde par la fenêtre : quoi, il est déjà l'heure de se coucher???
Mettez donc à distance les images festives et joyeuses que des groupes caribéens comme Kassav ou la Compagnie créole ont véhiculées pendant des années à propos des Antilles! Ici, à part la baie des citrons et l'anse vata qui regroupent la plupart des animations (bars, glaciers, boîtes, karaokés, restaurants), ailleurs, on dirait qu'un couvre-feu a été décrété.
Alors quand on se promène en tongs le soir dans notre quartier pourtant assez dense du point de vue de l'habitat, on n'entend jamais rien. On croise bien quelques chats et quelques bulimes, mais pas plus. Ni rires devant le barbecue resté éteint, ni apéro bavard dans les jardins des villas, ni musique émanant des balcons et fenêtres, rien. Juste le silence. Juste un peu de lumière: celle des étoiles dans le ciel, des réverbères dans les rues et des écrans des téléviseurs et ordinateurs dans les maisons.
De quoi nourrir un cafard taille XXL ...

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