mercredi 22 août 2012

Mêler ses pas à ceux des oiseaux

Désormais ce blog sera aussi calme qu'une porcelaine posée sur une étagère...
Et oui, il s'arrête là, sur cette dernière photo en forme de départ et d'adieu!
J'avais prévu de vous embarquer avec nous dans la baie d'upi de l'île des pins et dans les toiles d'art contemporain papou, mais finalement je ne partagerai pas ces deux ultimes balades dans ces pages qui se referment définitivement.
Merci à vous amis lecteurs! Pour les néophytes qui viendront ici par hasard ou pour les nostalgiques voulant refaire un tour gratuit de Calédonie, 25 mois d'archives et 108 billets restent consultables. Et vous pouvez bien sûr continuer à laisser des commentaires, ceux-ci s'afficheront sur le blog et me parviendront directement dans ma boîte à lettre électronique. A bientôt alors!

mercredi 1 août 2012

« Quand un homme désire tuer un tigre, il appelle cela sport ; quand un tigre désire le tuer, il appelle cela férocité. » G-B. Shaw

Dans la lignée de la traditionnelle passeggiata italienne, Barcelone a ses ramblas, Aix-en-Provence son Cours Mirabeau et Nouméa sa promenade Vernier du nom d'un ancien maire, industriel et exploitant minier.
Plate, frangée de cocotiers et bordant l'océan, cette promenade fait figure d'incontournable lieu de détente et de loisirs au sud de la ville. Alors on y croise toujours une connaissance et le parcours est jalonné d'arrêts causette: "ah, salut, tu vas bien?".
Mais à la différence des précédents lieux cités, on ne fait pas que s'y promener avec ou sans son chien. On s'y exerce aux agrès, aux barres de traction. On roule à vélo, roller, trottinette et poussette. On y court aussi. Toute l'année, de jour comme de nuit, sous le soleil ou les lampadaires, dans un chassé-croisé digne du flux que connaît l'autoroute A7 le fameux week-end de fin juillet-début août (bien que la photo ci-dessus semble prouver le contraire, croyez-moi sur parole, c'est vrai).
En conséquence, qu'on soit là pour traîner ses tongs en famille, pour se préparer âprement au marathon ou simplement désireux de se maintenir en forme, le code vestimentaire ad hoc y impose une tenue sportive. Et les déclinaisons, qui rappellent parfois les excès du glam rock, vont des panoplies semi-pros et accessoires high tech, aux tee-shirts et shorts flottants, en passant par les vêtements de sudation imitations griffées du sac poubelle.
Le comportement y est également pluriel, en version moderne des portraits de La Bruyère. Trois principaux types se distinguent dans la galerie des caractères. D'abord l'homme (ou la femme) bulldozer, rythmique binaire au marteau-piqueur dans l'oreille, muscles en titane, regard fixe sous la visière de sa casquette running et prêt à vous écraser si vous ne changez pas de ligne. Puis le septuagénaire dopé au quinoa bio qui en vous doublant vous couvre de honte et fait virer la couleur de votre visage du géranium rosé à la boule rouge incandescente de Noël. Et enfin, troisième espèce, la jeune femme sexy parée pour une démo de pole danse.
La tenue dépend en fait de votre niveau, de votre tempérament, de votre goût pour l'effort, et de l'image que vous voulez (ou non) donner, car sous toutes les latitudes, parader n'est pas que le propre du galliforme mâle.
Pour paraphraser Jean Giraudoux, à Nouméa, le sport est "l'espéranto" de la population. Alors parlons d'actualité sportive justement. Vous - comme nous - n'avez pu échapper aux jeux olympiques. Même la reine d'Angleterre s'est offert pour l'occasion un (faux) saut en parachute. Et Google a adopté l'image d'une hockeyeuse pour illustrer sa page d'accueil. L'émulation est vive, les corps démangés d'envies mimétiques rêvent de trampolines, d'haltères et de balles. L'objectif étant de vérifier le goût de l'olla-podrida à base d'adrénaline et d'endorphine.
Il faut bien aussi contribuer au labeur des athlètes, voire même tenter une performance, alors dimanche nous nous sommes attaqués à la boucle de la Nondoué à Dumbéa. Hélas, après avoir traversé rivières et ruisseaux, escaladé rochers et talus de terre rouge glissante, enjambé des bouquets d'herbes hautes mouillées, perdu mille fois le sentier, traversé des zones de lianes et fougères arborescentes, trébuché sur des pierres..., il a fallu se rendre à l'évidence: jamais nous ne pourrions venir à bout de ce circuit de 16 km (sans marque ni balisage) avant la nuit. Donc demi-tour!
A son habitude, le Guide de la Calédonie sauvage ne nous a été d'aucun secours tant les maigres indications se sont vite révélées trop imprécises pour déchiffrer ce parcours accidenté et inextricable.
De guerre lasse, les moutons de Panurge ne diraient pas mieux: le conformisme a parfois du bon et rien ne vaut la promenade Vernier pour emboîter le pas au quidam. Il n'y a pas de surprise à en attendre mais là au moins, contrairement à la grande majorité des chemins de randonnée du territoire, c'est entretenu et on ne s'y perd pas.

dimanche 15 juillet 2012

Cataplasme à la feuille de chou

Un torchon, qu'est-ce que cela évoque pour vous?
Un tissu grossier servant pour les tâches ménagères? Une préparation particulière du jambon? Un film de Bertrand Tavernier? Un écrit sans valeur ou un journal méprisable?
Ici, quand on parle de torchon, on sait de quoi il s'agit: du seul quotidien d’information de l'île, le journal officiel d'actualité Les Nouvelles Calédoniennes qui est publié sur le territoire depuis 1971.
J'y vais fort, mais non sans raison. Et je m'explique sans tarder.
- Primo l'écriture indigente. Souvent confuse, maladroite et familière, l'expression ne brille pas par sa qualité. Et les fautes d'orthographe sont légion. En cela, on peut déjà s'interroger sur la formation des personnes (je n'emploie pas le terme de journaliste à dessein) qui écrivent dans les colonnes de ce canard en situation de monopole.
- Secundo le contenu démagogique et inepte. D'une grande pauvreté d'information, il est totalement dépourvu d'analyse et d'investigation. On nivelle par le bas, privilégiant les fadaises à la réflexion. Ainsi, on écrira 800 signes par exemple sur une aubergine de 1,25 kg, tandis qu'on passera sous silence toutes les magouilles politico-économiques caractéristiques du territoire, privant par là le lecteur du droit essentiel de savoir. Vous imaginez bien qu'avec des gros titres racoleurs, populaciers et triviaux du genre de "Mordu par son chien" ou "Le mystère de l'ovni de Païta", il n'y a aucun risque de méprise, on sait que les articles en question n'ont pas été signés par une plume pamphlétaire et libertaire!
- Tertio le plagiat. Le journal plagie en effet les grands quotidiens français en procédant à des copiés-collés des articles traitant de l'actualité internationale.
- Quarto le prix. Le journal publie des articles sur la vie chère en Calédonie mais adopte une attitude purement mercantile en remplissant ses pages de publicité et en proposant une édition en ligne dont le contenu intégral (articles et archives) est payant.
- Quinto la tromperie et le manque de fiabilité de l'information. En l'absence totale de déontologie, les articles publiés sont parfois des reprises mot à mot de vieilles rumeurs qui circulent sur le net depuis des lustres. On l'a vu encore récemment à travers un article du 13/07/12 intitulé "Un amour de requin, trop beau pour être vrai!" et relatant les mésaventures d'un pêcheur australien avec une femelle requin blanc. Ce texte, censé être une "actu", datait en fait (après recherche) de 2006! Devant cette flagrante mystification des lecteurs, j'ai publié un commentaire virulent en ligne sous le texte en question. Le résultat a été radical et rapide: suppression pure et simple par le webmaster du texte incriminé et censure des commentaires des lecteurs indignés! Sans aucun mot d'excuse ni aucune explication bien sûr (en général quand il y a des boulettes de ce genre qui se glissent dans les colonnes, la rédaction invoque une erreur de "typographie"...).
Avec ce genre de pratiques honteuses dignes du charlatanisme, on touche aux missions essentielles du journalisme qui sont le devoir d'informer, le respect du lecteur et de l'intérêt public, la crédibilité, la responsabilité, la rigueur, l'exactitude et la véracité.
La Nouvelle-Calédonie doit construire son avenir? Ce ne sont manifestement pas les Nouvelles calédoniennes qui aideront sa population à réfléchir, faire des choix éclairés, exercer son esprit critique, évoluer et franchir les étapes vers le développement...
Boycottons cette feuille de chou symbole de l'imposture ambiante qui règne sur l'île!






vendredi 6 juillet 2012

Les couleurs de la création

Qui a dit que Nouméa était un désert culturel?
Durant les 3/4 de l'année, l'affirmation est valable, mais en ce moment on ne sait carrément plus où donner de la tête tant les sollicitations sont nombreuses et variées. Notez quand même qu'en nombre d'habitants, Nouméa, petite capitale francophone d'Océanie, compte la même population que Roubaix, cité pauvre, certes, mais qui a obtenu en 2001 le label Ville d'art et d'histoire. Et pour poursuivre les comparaisons, la même population que Toulon si on admet la banlieue!
Ah, évidemment, il ne faut pas se montrer fine bouche ni trop exigeant car à attendre de voir sortir au cinéma Le Cheval de Turin de Bela Tarr, on peut prendre racine et pourrir sur pied vu l'humidité ambiante... En effet, dans un rapport inverse aux précipitations, le cinéma de création est diffusé au compte goutte, à raison d'une fois par mois au centre d'art ou à l'occasion des festivals (ibérique, de La Foa, Reflets). Alors quand un film d'art et d'essai est programmé, même avec un an de retard par rapport à la métropole, on se rue avec avidité dans les salles!
Chaque soir donc, depuis la mi-juin, seules des échasses landaises pourraient nous permettre d'enjamber plus vite mangroves et baies afin de relier les différents lieux, car nous courons de galeries privées au Musée de la Nouvelle-Calédonie, de l'université au centre d'art, de la bibliothèque municipale à la Maison du livre, du cinéma au centre Tjibaou les yeux rivés sur la montre. Tellement que le surmenage nous guette. Et que notre iris brille encore au matin des couleurs de la création.
"Et qu'est-ce qu'on voit tant?" me demanderez-vous curieux de notre ébouriffant microcosme.
Une conférence sur Patrick White, un vernissage d'estampes japonaises issues d'une collection privée, la diffusion d'un film fidgien, les poèmes d'Aimé Césaire en contrepoint des toiles de Wifredo Lam, etc, etc.
De cette offre hétéroclite, je retiens tout particulièrement trois moments forts:
- L'exposition thématique Ma maison est un jardin mettant en lumière des oeuvres du fonds d'art contemporain kanak et océanien mais aussi une réalisation organique de Nicolas Mole et Mariana Molteni.
- Les sonates pour piano de Scarlatti lors d'un concert classique donné par de jeunes prodiges coréens.
- Libre le chemin, l'excellent documentaire de Rodolphe Barry, consacré à l'écrivain Charles Juliet.
Mention spéciale au Méridien qui, dans la continuité d'autres grands hôtels internationaux, a ouvert des chambres au public afin d'y exposer pendant trois jours 60 représentants de l'art contemporain coréen. Une initiative originale si l'on fait abstraction de l'aspect commercial (à de rares exceptions près) des oeuvres sélectionnées.
Cf. les deux tableaux inclus dans cet article.

lundi 2 juillet 2012

Tonnerre de Brest!

Voilà. C'est fait. Les deux derniers gardiens ont regagné définitivement la terre ferme et restitué les clés du phare de Cordouan, remisant dans les tiroirs du passé et du rêve un métier empreint d'aventure et de solitude au coeur de la nature.
Le phare sera bientôt réservé à l'accueil des touristes, tout comme le phare Amédée qui marque l'entrée de la passe de Boulari, entre le grand récif Aboré et le récif Kwé au large de Nouméa. Inauguré en 1865, peint en blanc, le phare Amédée est le seul phare
métallique de France. Il mesure 56 m de hauteur et s'étire au milieu d'un îlot en zone naturelle protégée. Ouvert à la visite, c'est l'attraction principale du lieu qui propose également en parallèle du farniente des activités aussi variées que la plongée bouteille, la marche sous l'eau en scaphandre, la rando palmée, la balade en jet ski ou en bateau à fond de verre. Le "must" étant la formule complète à la journée qui compte en prime un buffet tahitien* au son du ukulélé: un spectacle commercial lourd et bien rodé spécial beaufs en délire façon Les Bronzés au club Med.
Samedi, nous avons accosté sur l'îlot pour trois heures grâce au petit bateau seventies et amical "Mille sabords". Le phare était fermé et sous le ciel délavé, les serpents tricots rayés étaient plus nombreux que les baigneurs. Ma hantise ces serpents de mer, une véritable phobie qui ne s'est pas calmée malgré deux ans passés à les côtoyer sur le territoire. C'est vrai, ils sont timides, paisibles, pas agressifs du tout, et plutôt élégants dans leurs habits bleus et noirs ou jaunes et noirs dessinés artistiquement par Sonya Rykiel. Mais personnellement, dans un élan de cruauté venimeuse sans nuance, quitte à faire s'époumoner les défenseurs des animaux, des espèces menacées et de la biodiversité, je réexpédierais volontiers la classe entière des reptiles au Carbonifère d'où elle est issue. Allez, zou, ouste! A l'heure du numérique et du cloud computing, ces bestioles là constituent un véritable anachronisme!... Alors on emballe cette bande d'affreux préhistoriques pleins d'écailles dans un gros sac, on arrime celui-ci à une fusée Soyouz dirigée vers une quelconque exoplanète (ou de façon plus radicale on place à l'intérieur du gros sac grouillant une bombe au phosphore) et adieu! Respect des seniors, des témoins de notre histoire ou pas, c'est comme ça. Exception faite pour les tortues de mer, si gracieuses quand elles nagent et si émouvantes quand elles pondent, ou quand elles naissent et courent vers la mer. Voyez, je ne suis pas si méchante...
* Jusqu'à présent vous croyiez que Tahiti appartenait à la Polynésie et non à la Mélanésie? Moi aussi. Et vous avez raison...

mardi 26 juin 2012

Tu fumes?

Vivre sur une île, cela implique en général un certain isolement. C'est logique. Etymologique même. Aussi, deux semaines en arrière, quand le vent et la pluie turbinaient de concert, l'insularité était plus saillante encore et on avait le sentiment d'habiter à Saint Cambrousse du souffle ou Saint Patelin des trombes. Un peu comme si Christo avait emballé d'hiver l'appartement, on se recroquevillait à l'intérieur, réduisait et ouatait notre espace pour se protéger des rafales importunes qui sifflaient et de l'eau qui tambourinait.
Plus récemment, c'étaient d'autres bordées, moins naturelles, qui balayaient le ciel: des nuages de dioxyde de soufre. Un panache de gaz industriel brun-gris très irritant qui provoquait maux de gorge, toux et essoufflement... Le ou la responsable et coupable? L'usine pyrométallurgique centenaire - mais reconstruite plusieurs fois et rénovée- de la SLN (Société le nickel) implantée dans la rade de Nouméa et qui intoxique la population au quotidien en toute impunité...
En Nouvelle-Calédonie, entre les métaux lourds, les pesticides à usage agricole, l’amiante, la contamination au mercure des poissons pélagiques, l'insecticide malathion utilisé comme antimoustique en territoire urbain, les émissions de CO2 des milliers de véhicules, la nouvelle fuite d'acide sulfurique à la gigantesque usine de traitement de nickel Vale (au sud de l'archipel) en mai dernier, l'absence de réglementation sur l’étiquetage des OGM, etc, etc, il y a de quoi s'inquiéter pour sa santé. Eau, air, terre sont pollués et ce n'est qu'à condition de se boucher le nez, de se voiler la face et de porter des oeillères, que l'on peut encore croire vivre dans un paradis tropical et prétendre à la façon de Candide que "tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes".
Les nombreux afficionados du caillou diront que je suis une écolo rabat-joie, aussi acariâtre que Xanthippe la femme querelleuse de Socrate. Certains y verront l'ultime manifestation d'une exagération toute méridionale, voire les billevesées d'un esprit nourri à l'oxygène des romans. J'assume. Les porcs de Parme nourris au petit lait de parmesan ne donnent-ils pas un meilleur jambon?
Et bien parlons littérature justement! C'est d'actualité puisque le discret écrivain septuagénaire Charles Juliet est en résidence d'auteur sur le territoire et se prête poliment pendant deux semaines au jeu calibré des échanges élégants en compagnie du gratin intellectuel nouméen.
Hier, pauvre de lui, il a dû subir en préambule de la soirée les déclamations lyriques et ampoulées de l'indéfectible et incontournable barde de service, alias Frédéric Ohlen. Les aléas du métier! L'auteur était en effet l'invité d'honneur d'une réception à la Maison du livre. Un raout qui a davantage brillé par son cadre (l'agréable maison coloniale Célières) et son cocktail -assuré par un traiteur-, que par le contenu des lectures et de la conversation. Au menu, il y avait justement un délicieux thon frais au mercure...
N.B.: Plus d'infos avec un ancien mini post publié sur la maison Célières en cliquant ICI.

mardi 12 juin 2012

Le frigo est ouvert? On s'enrhume!

Il n'y a pas que la plongée à pratiquer dans le Pacifique sud! Pourquoi ne pas prendre un peu de hauteur, de distance, se transformer pour une journée en marin du ciel, lever la tête au lieu de la baisser?
L'événement était attendu. Un astronome marseillais s'était même déplacé à Nouméa et a donné deux conférences à l'université pour l'occasion. Mais il pleuvait à seaux et à tonneaux pour le transit de Vénus alors faute de planète ce sont de lourds nuages gris qui sont passés devant le soleil. Dommage, car sous nos hémisphères on nous promettait un beau voyage, un spectacle sidéral fantastique, et ce n'est pas de si tôt qu'on assistera à nouveau à ce phénomène céleste: pour le prochain, il faudra attendre 2117, soit exactement 105 ans. Une paille quoi!
De la fenêtre en revanche, pas besoin de lunette astronomique pour voir l'eau qui recouvrait le bitume et dévalait dans la rue telle une rivière pressée. Précipitations, vent et baisse des températures, rien que de très normal pour la saison puisque nous sommes entrés dans l'hiver austral. Ah, c'est sûr, on n'en est pas encore à voir des toques d'astrakan dans les vitrines, et l'hiver austral est à l'hiver sibérien ce que le poivron (ou piment doux) est à la dynamite, mais à force de vivre ici on se tropicalise, en clair, on devient frileux. Ainsi, signes du temps, les plages de Nouméa sont quasi désertes, l'agent de la bibliothèque Bernheim qui assure les retours de documents a mis un bonnet de laine, Jérôme a troqué son bermuda contre un pantalon (en coton) et on se surprend tous les deux à avoir envie de... soupe! Ne riez pas, en 1961, un record de froid a été battu à Nouméa: 13,2°! Brrrrr...
Pendant les vacances en Australie il a fallu se vêtir un peu plus chaudement encore, et même Napoléon, sur l'affiche de la grande exposition "De la Révolution à L'Empire" empruntée au portrait équestre de Jacques-Louis David, portait une large étole rouge sur les épaules! Oui, il n'y a pas qu'à Ajaccio qu'on admire Napoléon, et le plus célèbre des Corses qui a fini sa vie en exil sur l'île perdue de Sainte Hélène, attire aussi les foules sur l'île-continent océanienne. C'est la passionnante National gallery de Melbourne qui accueille en ce moment les trésors venus d'Europe en reconstituant l'univers luxueux de l'empereur et de sa femme Joséphine.
Pour un touriste français, voir ces pièces d'art au pays des kangourous, c'est un peu comme manger du roquefort à Iglulik en pays Inuit, ou considérer son reflet dans les plumes lustrées des extravagants et merveilleux masques papous... Qu'à cela ne tienne, on a aussi admiré les représentants de l'art australien: Margaret Preston, le vidéaste contemporain Justene Williams et son absurde Crutch dance, les peintres aborigènes Dennis Nona et John Mawurndjul, Ildiko Kovacs, Ron Mueck et ses inquiétants personnages hyperréalistes en silicone, etc. Si l'on ajoute les muffins au chocolat et caramel coulant ou encore le festival des lumières Vivid (cf. photo ci-dessous), le plaisir était total... De quoi oublier les averses et la fraîcheur extérieure.



vendredi 18 mai 2012

En brousse je dis pouce

A la grande époque des réunions Tupperware, "Côte Ouest" était le compagnon télévisuel de millions de Français. Un soap opera américain dérivé de "Dallas" et diffusé sur TF1, qui a débobiné ses trémolos et ses rebondissements morcelés sur plus de 10 années. Le générique, brillamment poétique et prometteur en diable, faisait rimer "pages et plages", tourments et serments":
"Côte Ouest, comme un roman sur la plage tes vagues sont des tourments.
Côte Ouest, pour toi le vent tourne les pages d'intrigues et de serments
"... Des vers maritimes aux accents quasi-monégasques si vous voyez à qui je fais allusion (quitte à s'embourber dans des trucs nuls et ringards)! Je me moque, je me moque, mais pour les nostalgiques d'orgue Bontempi et amateurs de brushings façon lionne de la savane, regardez ici, le revival vaut assurément le coup: http://www.youtube.com/watch?v=rNUTWq-NPPw
Des séries fleuves à l'eau, la transition est toute trouvée. Sur la côte ouest calédonienne, le week-end dernier, une autre saga avait lieu. Deux "événements à ne pas manquer" entraient en concurrence: la 16ème édition de La fête du cerf et de la crevette à Boulouparis et la 4ème édition de La fête de l'eau à La Foa (dont le nom vient de "Fo" signifiant "eau" en kanak).
La première, très populaire, offrait pour ses fidèles une série de saynètes infrangibles aussi diverses que nutritives et drolatiques. Imaginez un peu: démonstration de découpe de cerf, concours du plus gros mangeur de saucisson, compétition entre imitateurs du brame du cerf, concours de décorticage de crevettes et élection de Miss.
La seconde se voulait plus sobre que sa voisine. Information scientifique au programme pour tenter de sensibiliser le public à la fragilité et la préservation de cette ressource indispensable à la vie qu'est l'eau. Autant dire qu'elle a remporté moins de succès malgré sa volonté de faire côtoyer conférences, expositions, animations scolaires, projections de films et des activités plus ludiques et festives, avec exercices nautiques, musique et danses.











Jérôme et moi avions choisi ce jour-là une troisième option plus bucolique: découvrir une petite route parallèle à la transversale RP5, menant à la tribu de Koindé. Une rivière calme, des arbres géants, des fruits en abondance, des cascades et piscines naturelles, un étang de nénuphars, des monts vert intense... En vivant à Nouméa on finit par oublier l'existence de cette nature foisonnante. Promis, une rando sur le plateau de Dogny fera l'objet d'un prochain épisode. Mais en attendant, lundi, c'est en Australie, à Sydney que nous partons. A bientôt de vous retrouver chers lecteurs sur votre blog-feuilleton exotique préféré!...

lundi 14 mai 2012

Questions de langue

Dans la foulée des propositions et programmes développés ce printemps par les candidats à l'élection présidentielle, je vais parler quant à moi de préposition, ce petit mot-outil invariable et indispensable au maniement de l'idiome français. Mais ne vous inquiétez surtout pas, je ne vais pas vous contraindre à retourner à l'école primaire pour vous infliger un indigeste et abscons cours de grammaire. Et quand bien même il sera effectivement question de langue dans ce billet, mon propos restera en lien avec la Nouvelle-Calédonie.
Depuis l'enseignement du premier degré, vous avez certainement gardé en tête la phrase "Adam Surchez part pour Anvers avec deux cents sous", moyen mnémotechnique bien pratique pour retenir la liste des principales prépositions: à, dans, sur, chez, par, pour, en, vers, avec, de, sans, sous. Non? Ce n'est pas grave, pas de panique ni de culpabilité, cela n'empêche pas de continuer.
Jusqu'à présent, la préposition "sur" signifiait strictement "dessus" et mises à part quelques utilisations imagées et figurées du genre d'"être sur les dents", celle-ci impliquait un contact.
Mais depuis quelque temps cette préposition est utilisée improprement pour remplacer "à". La doublure en guise d'original. L'habitude s'est répandue, et partout, tout le temps, à tort et à travers, entend-on "j'habite sur Paris", "je travaille sur Marseille", et même "sur l"ordinateur". Personnellement, cette tendance me porte sur les nerfs. Ah, c'est sûr, il y a des sujets de courroux plus urgents, plus essentiels que l'emploi de "à" à la place de "sur". Mais la défense des droits de l'homme, du service public, des valeurs républicaines, etc, cohabitera toujours avec des causes moins vitales comme la défense du véritable camembert au lait cru (amis Normands, ne voyez là aucun mépris)!
Cette faute, appelée solécisme, est répandue en France et malheureusement aussi en Nouvelle-Calédonie. Sauf qu'ici, le pendant local introduit une variante toponymique: on dit "je suis sur Nouméa", c'est-à-dire "en ville", en opposition avec "en brousse".
Le français de Nouvelle-Calédonie a eu pour base la langue des colons, des bagnards, des déportés, des mineurs, des militaires, matinée des 28 langues vernaculaires, enrichie des apports des différents peuplements (tahitien, wallisien, indonésien, vietnamien, etc.) et d'un vocable anglo-saxon dû à l'influence des troupes américaines durant la seconde guerre mondiale et au voisinage australien. En bref, un véritable sabir! Tant et si bien que le maniement erroné ou pas d'une préposition passe totalement inaperçu, incognito, à l'oreille du quidam océanien français.

Un des mots communément employé aussi est le mot "gamelle".
A Nouméa, il existe de nombreux "services de gamelles" (sic) autrement dit de traiteurs assurant la livraison à domicile de plats préparés. Le mot est omniprésent sur les devantures des commerces, sur les voitures de ces entreprises, sur les dépliants publicitaires, dans les journaux... L'option numéro un consiste donc à commander sa gamelle. L'option numéro deux à l'acheter directement sur place.
Je ne voudrais pas passer pour un fossile de Précieuse recroquevillé sur le Grand siècle, attaché uniquement à la pureté et l'élégance, agrippé à un français littéraire, classique, académique et figé, mais ce mot est franchement laid. Il renvoie à des connotations péjoratives, à l'écuelle en métal du militaire, c'est-à-dire à un ordinaire cafardeux, antithétique de la notion de plaisir traditionnellement attachée à la nourriture.
Les questions de vocabulaire et de syntaxe peuvent paraître formelles mais produisent le style et à ce titre suscitent le désir ou le tarissent.
De cette façon, le bougna mélanésien, empaqueté dans des feuilles et paré d'une fleur d'hibiscus, est à lui seul image du mystère (son contenu est caché), du don (un paquet en forme de cadeau) et véritable figure d'art poétique éphémère!

mardi 1 mai 2012

En mai, fais ce qu'il te plaît

Aujourd'hui 1 er mai, jour du muguet et jour férié, c'est la fête du travail, alors je vais m'y remettre et suspendre le repos de ce blog qui, à défaut de baiser du prince, attendait un sujet pour se réveiller. Amis lecteurs, vous êtes en joie de ce retour au clavier, non (je tente l'auto-persuasion positive autrement appelée méthode Coué pour voir si ça marche)? A propos de clavier, justement, j'en ai un beau maintenant. Sans fil, cadre en alu, compact et design, qui utilise la technologie bluetooth... Radicalement différent de l'ancien, blanc et transparent, rempli à ras bord de miettes (et autres reliefs de repas en solitaire) tel un affreux grille-pain qu'on n'aurait pas vidé de 10 ans... C'est ainsi nouvellement équipée que je vais donc reprendre le fil des chroniques après un long week-end lecture pendant lequel j'ai vécu par procuration sur les rives du lac Baïkal, dans les forêts de Sibérie, grâce à l'écrivain-journaliste Sylvain Tesson.
A Nouméa, la fête des travailleurs, célébrée dans de nombreux pays du monde, a été l'occasion d'une grande marche dans les rues organisée par le seul parti travailliste, bras politique de l'USTKE (Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités en Nouvelle-Calédonie), une organisation indépendantiste et radicale. La ville était déserte à cette heure et le long cortège (1500-2000 personnes) n'a mobilisé que peu de policiers municipaux pour l'encadrer. Le micro, violemment engagé pour l’émancipation et l’accès du pays à sa pleine souveraineté, vibrant des appels à la mobilisation, répétait qu'un quart de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et que les inégalités économiques et sociales ainsi que le chômage s'accroissent. Il appelait à un partage de la richesse produite, à la nécessité d'un rééquilibrage, à l'accès des kanak aux postes à responsabilité (par exemple, sur 96 postes de chefs d'établissements scolaires sur l'ensemble du pays, il n'y a qu'un seul kanak ).
Pendant ce temps, au pays des monopoles, des marges scandaleuses des entreprises et de la fiscalité injuste, opaque et inflationniste, dans les quartiers sud, les énormes pick-up Chevrolet et les Porsche Cayenne rutilent sous les rayons du soleil. Avec 57,44 % des habitants ayant voté au premier tour de scrutin présidentiel pour l'UMP et 13,33 % pour le FN, le calcul est vite fait: on arrive à un peu plus de 70% des votants qui estimaient sans doute avoir donné leur juste part de "vrai travail" et par conséquent n'entendaient pas ce jour se rassembler ailleurs qu'à la plage, sur un catamaran ou autour d'un barbecue. La vie est simple et facile en Calédonie! Citoyens bronzez en paix ... votre argent et vos intérêts sont bien gardés.

samedi 3 mars 2012

L'ordre et la morale

Ah, ça en a alimenté des conversations sur l'île!…
Entre imbroglios, rebondissements et coups de pub, je vous résume les quatre péripéties principales en forme d'analepses (ou "flash-back" puisque je vais parler d'une œuvre cinématographique):
- Au mois d'août 2010, après de nombreuses polémiques et tensions en Nouvelle-Calédonie, le tournage du film prévu sur les lieux où se sont déroulés les faits, se déplace en Polynésie française.
- Au mois de décembre 2011, après plusieurs jours de feuilleton digne des Mystères de Paris, le seul exploitant de salles de cinéma de Nouméa choisit de ne pas programmer le film, le jugeant "trop polémique et très caricatural". Pierre Frogier, sénateur de Nouvelle-Calédonie, le juge "malvenu" et "subjectif".
Seuls le Centre Tjibaou et les cinémas de Bourail, La Foa et Koné le diffuseront (et feront salle comble à chaque projection).
- Avant même sa sortie en novembre 2011, le film suscite de très vives réactions. Dans un entretien à l’AFP, le général Vidal, commandant des forces armées qui donnèrent l’assaut dans la grotte, conteste cette version des faits, accusant le capitaine Legorjus de "mensonge", "d’affabulation" et de réécrire "l’histoire à sa gloire".
- Quelques mois après sa sortie, le réalisateur Matthieu Kassovitz, mécontent de n'avoir qu'une seule nomination aux césars, écrit poétiquement sur twitter: "J'encule le cinéma français. Allez vous faire baiser avec vos films de merde".

Autant dire qu'après un tel tohu-bohu médiatique, j'étais assez curieuse de voir le film, même si je nourrissais des préjugés à son égard dans la mesure où je ne suis pas une fan du réalisateur.
Bon, mais que raconte-t-il, ce film?
Il reconstitue la prise d'otage de gendarmes, par des indépendantistes, le 22 avril 1988, sur l'île d'Ouvea. Un acte destiné à faire pression sur le gouvernement français au moment de la présidentielle et protester contre le statut Pons.
L'Etat français réplique avec les grands moyens et fait appel à l'armée: 300 militaires sont envoyés. Le 6 mai, les forces de l'ordre donnent l'assaut. Les otages sont libérés mais au prix d'un bain de sang: 21 morts, 19 Kanak indépendantistes et 2 militaires.
Le sujet est politique et le film accuse, prend position en dénonçant l'armée dans ses méthodes, le néocolonialisme, les rivalités fatales entre hauts gradés et les intérêts électoralistes. Tout cela est louable.
Sauf que le film est digne d'un téléfilm. Et que le réalisateur, pourtant admirateur des cinéastes américains, n'a pas leur brio pour mener l'action. Plutôt gênant pour un film dit d'action justement... A cela s'ajoutent d'autres défauts. Les personnages manquent de consistance, les acteurs non professionnels jouent affreusement mal (leur jeu sonne faux), les dialogues sont pédagogiques et plaqués, les rôles sont caricaturaux et manichéens (le GIGN, mené par M. Kassovitz alias le capitaine Legorjus est ouvert au dialogue, le chef Kanak naïf et doux, l'armée inflexible, obtuse et violente), le procédé narratif est plat (un coup de tambour marque chaque jour qu'il reste vers le drame), le suspense inexistant (on attend ennuyé que les jours s'égrainent et qu'arrive enfin l'assaut final).
En bref, la MORALE lutte pour triompher mais le valeureux capitaine, sur le point de réussir les délicats pourparlers, doit trahir sa parole donnée à Alphonse et l'ORDRE tragique va l'emporter.
Pour la suite de l'(H)histoire, le 26 juin 1988, les accords de Matignon sont signés par Michel Rocard, Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou. La poignée de main entre les deux chefs des camps antagonistes devient alors le symbole de la paix retrouvée. Mais un an plus tard, le 5 mai 1989, le leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou et son bras droit Yeiwéné Yeiwéné sont assassinés à Ouvea par un Kanak qui leur reproche d'avoir choisi la voie de la négociation.
Bon allez, c'est assez long comme ça et je ne suis pas spécialiste de la question (ni d'aucune autre d'ailleurs). Si vous voulez en savoir plus sur la loi Pons, sur la tragédie d'Ouvéa et surtout sur la suite des événements politiques depuis la fin des années 80, ne vous privez pas d'interroger votre moteur de recherche préféré.. Pour ma part je vais changer de continent et me plonger dans un tout autre sujet: Limonov, d'Emmanuel Carrère. Avec les élections russes, c'est d'actualité.

mardi 14 février 2012

Rencontre de poids à Prony

Prony est un hameau côtier situé à l'extrémité Sud-Est de la Grande Terre et niché au creux d'une baie. Ancien pénitencier fondé pour ravitailler Nouméa en bois, puis site d'exploitation d'une mine de fer, ce village verdoyant est maintenant un havre paisible aux vestiges de pierre enserrés par les racines de banians géants.
De la baie de la Somme -à ne pas confondre avec la Baie de Somme dans le nord de la France en Picardie-, au milieu d'une réserve marine naturelle protégée, on aperçoit l'îlot Casy, l'ancien verger des bagnards sur lequel un écolodge est en projet de construction
depuis quelques années.
Le GRNC1 de la Province sud débute justement dans la baie de la Somme, se termine au barrage de Dumbéa et se compose de sept étapes pour une longueur totale de 125 km.


Après 1h30 de paysage de côte et de maquis minier, on atteint l'embouchure de la rivière bleue, dans la baie du carénage, où une source d'eau chaude à 43° est visible à marée basse.
La rivière légèrement fraîche, était idéale.
Mais en me séchant sur la berge, j'ai entendu soudain un cinglant "Tyson, reste-là!". Je me suis retournée et j'ai vu à 2 mètres un rottweiler qui me fixait de ses yeux bruns.
Déjà un rottweiler, à la différence d'un panda chinois, ça ne bénéficie pas d'un grand capital sympathie, mais un rottweiler nommé "Tyson", ça provoque l'activation immédiate de l'amygdale et te garantit à 100% la blanche chevelure de la reine Marie-Antoinette la nuit qui précéda sa montée sur l'échafaud!
Que faire?
Recourir à des frappes de percussion telles que celles pratiquées dans la boxe en multipliant et distribuant "short straight-punch", "hook-punch"*** (cf. plus bas) et autres coups de pied de balayage et coups de poing circulaires? Les conditions d'affrontement n'y étaient pas, car en lieu et place d'un ring ceinturé de cordes, nous étions tous les deux sur un talus rocheux particulièrement instable. Et il m'aurait fallu potasser au préalable un manuel sur le sujet, précaution que je n'avais pas prise, n'ayant pas imaginé avoir à faire preuve de ce type d'habiletés kinétiques un dimanche, jour naguère dévolu au culte et au repos.
Je me répète: que faire? Invoquer dare-dare Poséidon Dieu de la mer pour qu'il surgisse de l'eau et transperce le menaçant cerbère de son trident? Peine perdue, le héros de la mythologie grecque est resté parfaitement sourd, à l'instar de Jérôme, occupé à faire des longueurs dans l'eau, et en direction duquel pourtant je concentrais mes instances télépathiques dans le but d'obtenir une intervention rapide.
Fuir alors? Sachant que ma vitesse maximale en sprint paniqué doit être plus proche de celle d'un mouton mérinos avant la tonte que d'un lapin de garenne (n'est pas Usain Bolt -avec ou sans chaussures de course- qui veut), je n'avais aucune chance d'échapper aux mâchoires de l'animal. Des mâchoires larges et puissantes armées de 42 dents et capables de briser un bras!
Brrrr… Heureusement, ces scénarios de série Z n'ont pas franchi le cap de la réalisation, et Tyson, le quadrupède trapu catégorie poids lourds, s'en est retourné docilement auprès de son maître.
Il ne nous restait plus alors qu'à nous habiller et prendre le chemin du retour en faisant attention à ne pas glisser sur le sol de latérite rouge, ni à nous faire pincer par un insolite troupeau d'oies qui faisait l'école buissonnière sur la plage.
La randonnée, «Un jour de sentier, huit jours de santé » ! Tel est le slogan de la Fédération Française de la Randonnée Pédestre. Pas si sûr que ça…

*** Certains estimeront que j'abuse d'anglicismes, mais ces termes d'anglais pugilistique sonnent mieux, tout comme "lifting" sonne mieux que "déridage", vous n'êtes pas d'accord?

jeudi 2 février 2012

Le racisme ne porte pas le voile

"Offre d'emploi. Recherche remplacement pour mois de Février. Profil: femme de + de 35 ans européenne, lectrice assidue, sens du contact et bonne présentation. Contact par messagerie facebook".
Voilà un message qui contrairement au timbre édité par l'OPT à l'occasion de la St Valentin, n'est pas parfumé à la rose... C'est celui que diffuse éhontément un bouquiniste de Nouméa sur sa page Facebook (et peut-être ailleurs...) sans qu'apparemment cela ne choque personne. Dans ses rayons, il doit pourtant bien posséder un dictionnaire, aussi, je lui conseille de regarder la définition du mot "discrimination".

dimanche 15 janvier 2012

"On est foutu on mange trop" (Alain Souchon)

Après avoir atterri à l'aéroport de la Tontouta, il faut rouler encore 40 minutes avant d'atteindre Nouméa.
Pendant le trajet, on manifeste généralement autant de vigueur qu'un coing blet. Le regard flotte avec indolence et effleure à peine les paysages traversés. Impossible cependant de ne pas remarquer les nouveaux chantiers, les nouvelles constructions: toujours plus de logements, de bâtiments commerciaux et de terrassements... Le développement est si rapide que sous l'effet de cette transformation conjuguée à la fatigue du voyage et à la chaleur, notre cerveau abasourdi s'engourdit complètement au fur et à mesure des kilomètres. L'urbanisation gagne du terrain, le grand Nouméa s'étend toujours plus.
Participant à cette même dynamique, sortie elle aussi dans le même élan, une affiche publicitaire géante m'a quelque peu réveillée hier. Elle vantait les délices du hamburger "Malibu", dernier né de McDonald's, une spécialité culinaire "sea and sun" supposée peut-être coller à la culture et aux attentes de l'île.
Il y a deux McDonald's en Nouvelle-Calédonie et une cinquantaine rien qu'à Auckland, dernière ville où nous avons séjourné en Nouvelle-Zélande. Depuis 1955, date d'ouverture du premier restaurant McDonald's aux Etats-Unis, plus de 120 pays connaissent le goût hégémonique standardisé de la viande grasse et du pain sucré, et la Nouvelle-Zélande est le deuxième pays après les Etats-Unis en nombre de fast food (estampillés par le logo aux arches dorées) par habitant. Franchement, il faut reconnaître que leurs pubs sont souvent très créatives (la lune, le passage piétons..., jetez un coup d'oeil là: http://www.designswan.com/archives/20-creative-and-smart-mcdonalds-advertisement-designs-over-world.html), et avec le Wi-fi gratuit gratuit dans toute la chaîne de restaurants, ils ont réussi à attirer beaucoup de consommateurs à la recherche d'un "troisième lieu", un espace social où se connecter entre la maison et le travail.
Hamburger, fish and chips... La malbouffe gangrène en tout cas le "pays du long nuage blanc" qui voit son taux de personnes obèses augmenter chaque année.
Mais ce n'est évidemment pas le désir de faire bonne chère qui conduit à choisir la Nouvelle-Zélande comme destination de vacances, donc on ne peut pas parler de déception à ce niveau.
Tout aussi isolée géographiquement, la Nouvelle-Calédonie tente en ce qui la concerne d'attirer les touristes néo-zélandais en promouvant sa gastronomie. Sur une brochure disponible dans l'agence d'Aircalin, l'argumentaire élogieux qualifie l'île de "gourmet paradise" et classe la gastronomie parmi les dix bonnes raisons de visiter le territoire. Euh, je ne suis personnellement pas convaincue par l'expérience culinaire, surtout lorsque l'on sait que la Nouvelle-Calédonie, malgré 53 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté, occupait en 2008 la quatrième position selon l'indice Big Mac qui estime le niveau de vie des pays dans lesquels McDonald's est présent. Pour une qualité médiocre, tout y est si cher que de retour, on en viendrait presque à regretter les cheeseburgers à 1,5 $ NZ...
Allez, sur cette hérésie, je vous laisse à vos micro-ondes et vous souhaite une BONNE ANNÉE à toutes et tous!!! "D'abord la bouffe, après la morale!" disait un des personnages de l'Opéra de Quat'sous de Brecht...

samedi 10 décembre 2011

Vacances plus au sud, à 2000 km à vol d’oiseau...

Qui parle d’oiseaux? Nous partons justement au pays des kiwis et kakapos, deux drôles de piafs qui ne savent pas voler.
Vous avez une idée du lieu?
Ancienne colonie britannique, ce pays s'appelle Aotearoa en maori.
.......... (je vous laisse réfléchir un instant)..........................................
La Nouvelle-Zélande, c'est ça!
Nomadisme oblige, une fois de plus, la question du sapin naturel ou en plastique ne se posera pas pour nous. Pas plus que celle du menu de Noël.
Alors on se retrouve dans un peu plus d'un mois, et en attendant, bonnes fêtes à vous tous!!!
Moeraki boulders, île du sud, côte est, Nouvelle-Zélande.

lundi 28 novembre 2011

Rouge parchemin

Quel rapport y a-t-il entre une coquille St Jacques, les tissus d'Issey Miyake et l'architecture de Frank Gehry? Allez, c'est facile!
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Le point commun est le "pli"!
La coquille Saint Jacques présente des côtes en éventail, les tissus d'Issey Miyake sont caractérisés par leur plissé et les réalisations de Frank Gehry sont célèbres pour leur caractère froissé.
D'accord. Mais pourquoi cette devinette? Simplement afin d'illustrer l'état de ma peau après une 1/2 journée au soleil sur l'îlot canard hier. Le miroir ô miroir n'est pas flatteur le lendemain, et on comprend mieux pourquoi les blancs insulaires paraissent souvent plus vieux que leur âge, avec une tête chiffonnée genre poupée en papier mâché ou céramique en raku craquelé. Là, je m'y attends, je vais froisser des lecteurs et recevoir des insultes à foison...
Telle n'était pourtant pas mon intention première, pas plus que de publier un billet égocentrique avec mon nombril écarlate pour point de référence. Au départ je voulais seulement vous parler d'une belle exposition à la fois artistique et documentaire, qui se tient en ce moment au centre culturel Tjibaou.
Là, c'est à votre tour de demander quel est le rapport avec les synonymes du mot "fripé" disséminés dans les lignes au-dessus. Il y en a un. Un lien qui se cache au creux des toitures coloniales à quatre pans faites de tôle ondulée et donc de... plis! Ces constructions métalliques colorées et légères sont présentes sur les toiles post-impressionnistes et modernes de Paul et Roland Mascart, peintres normands, poètes et esprits éclairés de père en fils. Les deux hommes ont séjourné en Nouvelle-Calédonie dans les années 30 et, séduits par l'archipel et par ses habitants, ont rapporté de nombreux portraits, scènes de vie quotidienne et paysages empreints d'un regard humaniste. Réalisés à l'encre, à l'huile, au fusain et pastels, ces croquis, peintures, lithographies et illustrations magnifient le pays kanak: les flamboyants illuminent la ville de Nouméa, les robes popinées rayonnent, les fruits s'épanouissent.
Roland Mascart retournera deux autres fois sur "l'île de lumière" et contribuera jusqu'à sa mort en 1988 à faire connaître la plus lointaine des colonies françaises, une terre sauvage de bagnards peuplée d'indigènes à l'appétit anthropophagique.
Les pièces prêtées et présentées temporairement sont issues de collections privées, mais quelques toiles sont visibles de façon permanente au Musée de la Nouvelle-Calédonie, au Musée national d'art moderne de la ville de Paris, au Musée des Beaux-Arts de Rouen et dans quelques autres lieux publics.

vendredi 18 novembre 2011

Vogue et vague

Mentalement, on a un peu de mal à associer les 30 degrés de l'été austral avec les fêtes de Noël. Pourtant, Noël approche ici aussi. Dans les jardins particuliers les guirlandes rouges et les étoiles à paillettes scintillent la nuit venue, dans les magasins les marrons glacés se mêlent aux boîtes de chocolats, tandis que sur les plages les maillots de bain en tous genres fleurissent. Un sérieux hiatus, qui en culpabilisera plus d'une au nom des diktats de la mode et des magazines, parce que la période du maillot correspond traditionnellement aux régimes minceur et vapeur pauvres en graisse et en sucres...
Ne voulant pas nager idiote, j'ai cherché à savoir ce qu'était un "trikini". TRI-KI-NI, dans la lignée des triangles, tricornes, tripodes et tricycles... Vous connaissez?
Qu'il soit en lycra ou fait au crochet, imitation peau de serpent, zébré, rembourré, avec des rivets ou des strass, le trikini est susceptible de faire fondre un pingouin en granit sur la banquise. "A condition que celle qui l'arbore soit moulée dans l'airain et que le sculpteur ne soit pas d'inspiration cubiste", persiflerez-vous.
Lancé sur le sable chaud à la suite du monokini, puis du bikini, le trikini n'est peut-être qu'une troisième marche vers le quadrikini, sait-on jamais! Même si là, on quitte l'atoll désormais célèbre des îles Marshall pour atterrir brutalement sur le problème mathématiques de la quadrature du cercle: comment découvrir le corps tout en le couvrant de 4 bouts de tissus?
Vous êtes sur la piste. Vous avez certainement identifié l'objet: un maillot de bains pour femmes.
Mais je ne vous ai pas dit ce qu'était e-xac-te-ment un trikini... Sachez ami(e)s profanes, qu'il s'agit comme son nom l'indique d'un maillot à trois pièces ou plutôt de deux pièces reliées entre elles par une bande au niveau du ventre. On n'ose envisager la marque sur le corps après une séance de bronzage. Un Z ou un I majuscules façon cheval camarguais après la ferrade… Pas vraiment sexy en fait...
Peu importe les conséquences collatérales, l'objet identifié n'est pas du tout à mon goût. Et je pense que vous ne vous souciez guère de tout cela en métropole, l'objectif vestimentaire du moment étant plus de trouver une veste fourrée et des moufles...
En fait, l'intérêt de ce billet se loge ailleurs.
En effectuant des recherches sur ce sujet futile et fashion, j'ai en effet découvert deux sites.
L'un, réservé aux filles, est un jeu appelé "beach fashion dress up". Une ânerie sans pareille.
L'autre, à lire sur le mode aléatoire à la manière des Miscéllanées de Mr Schott, est un site instructif et insolite comme j'aime, à mi-chemin entre le catalogue et la mini encyclopédie: http://www.unedeplus.fr/
Pas grand chose à voir avec la Nouvelle-Calédonie, mais d'une minute ou d'une heure, vous verrez, le petit tour est agréable!

lundi 7 novembre 2011

Poulpe fiction


La pieuvre de l'affiche ci-dessus me fait reprendre le clavier, après quasiment deux mois sans ouvrir les pages de ce blog!
A ma décharge, j'étais sous d'autres latitudes et en proie à d'autres (pré)occupations. Quoi que, quoi que... tant il est vrai que sous l'effet d'un mouvement mental pendulaire, quand je suis ici mon imaginaire vogue vers là-bas et quand je suis là-bas il me conduit vers ici...
Toujours est-il qu'à peine rentrée sur le "territoire", la tête encore brouillée par le décalage horaire (+10H en cette saison), il a fallu se réadapter rapidement. Pourtant, je me sentais aussi molle qu'une pieuvre (ou un poulpe, mais le substantif est masculin). Et contrairement à cet animal invertébré, je ne possédais pas huit bras pour venir à bout des lourdes tâches qui m'incombaient: troquer les Converse pour des tongs, déplier le pare-soleil quand je me gare, presser du jus de citron vert sur le thon blanc frais, réhabituer mon oeil aux fautes d'orthographe qui colonisent tous les écrits (même sur les paquets de riz, on peut lire en lettres majuscules "riz parfuméE"...), pianoter à nouveau sur les touches de mon téléphone portable, vérifier la température de l'océan avec le bout des orteils, feuilleter le magazine Sortir afin de repérer les activités culturelles du mois...
Parmi les "événements" de novembre, justement, on peut citer la 5ème édition du SILO (Salon international du livre océanien*), qui se tenait à Nouméa le week-end dernier. Ecrivains en herbe ou confirmés, éditeurs, libraires, bibliothécaires et badauds se pressaient autour des tables de l'hôtel Le surf dans une ambiance détendue. J'y ai croisé Gilles Colleu, que j'avais déjà entrevu à Clermont-Ferrand et à Aix; mais que lui aurais-je dit si ce n'est une phrase peu inspirée du genre de: "Euh, bonjour, j'aime beaucoup ce que vous faîtes"? Non, je me suis contentée de flâner et d'écouter distraitement les débats. Les voyages, ça fatigue, c'est éprouvant, même si dans les airs, hormis quand on a une salade de supions dans son assiette, on a peu de risque de devoir lutter contre les calmars (ou calamars) géants imaginés par Jules Verne dans 20 000 lieues sous les mers ou Victor Hugo dans Les travailleurs de la mer.
A ce propos, le nom "calmar" (ou "calamar") vient du mot latin "calimarius" signifiant "écritoire"...
N.B.: * pour celles et ceux qui souhaitent découvrir les auteurs calédoniens estampillés (au nombre d'une trentaine), voici un lien vers une biographie de chacun. Après affichage de la page, cliquez sur "écrivains" en haut.http://www.ecrivains-nc.net/

mercredi 14 septembre 2011

Estivage nippon

Nous voilà revenus du Pays du soleil levant, anciennement nommé Pays des huit îles, alias le Japon. Une belle balade dans la moitié sud de l'île principale d'Honshu, de Tokyo à Teshima en passant par le mont Fuji, Nikko, Kyoto, Nara et Naoshima.
Cela tandis que durant cette période, à Nouméa, Nicolas Sarkozy inaugurait le petit commissariat de police de notre quartier et que se déroulaient les Jeux du Pacifique... Mais passer à côté de l'un et l'autre de ces deux "événements" ne nous a pas frustrés.
Pour vous en convaincre, je vous invite à jeter un coup d'oeil sur le lien ci-dessous: le site (en anglais) vous présentera deux îles de la mer intérieure, Naoshima et Teshima, devenues des écrins pour la création d'art contemporain. http://www.benesse-artsite.jp/en/ Nous y sommes restés 4 jours à admirer les paysages, faire du vélo (électrique), découvrir des oeuvres d'art cachées au coeur des forêts, posées le long des plages ou sur le port, à contempler des installations dans d'anciennes maisons traditionnelles réhabilitées et visiter des expositions dans des musées de grande qualité.
C'est au sein de ce petit archipel tranquille que l'artiste français Christian Boltanski a ancré son oeuvre universelle, utopique et poétique "Les archives du coeur" à laquelle j'ai participé en février 2010 en faisant enregistrer les battements de mon coeur au Grand palais à Paris. Il faut imaginer une cabane isolée en bois sombre, sur le sable, une porte lourde comme celle d'un coffre fort, une pièce rectangulaire noire aux murs tapissés de miroirs, une ampoule qui s'éclaire et des enceintes qui vibrent au rythme des pulsations cardiaques. Dans le couloir précédant la chambre d'écoute, le nom du participant s'affiche sur un écran et change toutes les 20 secondes, selon un ordre aléatoire... http://archive.monumenta.com/2010/monumenta/Les-archives-du-coeur.html

mardi 23 août 2011

"Rame, rame, rameurs, ramez, on avance à rien dans c'canoë" (Alain Souchon, Rame)

"Ralentis le retour et tends les bras sur l'avant! Allonge le mouvement! Monte les épaules! Tiens ton dos droit! Plie les genoux! Enfonce moins tes palettes! Pousse avec les jambes! Tire avec les bras! Accentue le mouvement! Développe l'amplitude! Tiens ta rame correctement! Moins court, je ne peux pas suivre! APPLIQUE-TOI BON SANG!!!!!!!!!!!"
Voilà les mots doux que me susurrait la voix masculine du rameur derrière moi, dimanche, sur la rivière Tontouta. Des conseils bienveillants au départ, qui se sont vite mués en reproches acrimonieux...
Evidemment, à la différence des galériens (nous sommes, ne l'oublions pas sur une terre de bagnards) je n'étais ni enchaînée ni fouettée, mais il n'était pas question de rêvasser, de canoter comme sur les tableaux impressionnistes, au fil de l'eau, en regardant mollement les paysages défiler sous une ombrelle, non, non, non! Il fallait oublier toute image romantique et ramer. Ramer, encore et encore. "Régulièrement" criait Jérôme. "Mécaniquement" pensais-je en serrant les dents... Car l'aviron est un sport de glisse, un sport technique, et si en double skull un des deux rameurs (moi) se refuse à fléchir correctement, l'autre (Jérôme) subit. Pour résumer, crescendo, les étapes ont été les suivantes: primo face à tant de mauvaise volonté, le deuxième rameur a d'abord rongé son frein, secundo il a perdu patience, tertio il est sorti de ses gonds et in fine a juré solennellement qu'on ne l'y reprendrait plus, jamais plus jamais*.
La journée avait pourtant commencé dans la bonne humeur, sans écueil: rendez-vous à 8H45, chargement des bateaux, route jusqu'à la rivière Tontouta (qui a donné son nom au village et à l'aéroport international), déchargement et équipement sur l'eau après le pont métallique. L'objectif étant de descendre la rivière - qui en réalité est un fleuve, mais personne ne l'appelle ainsi- jusqu'au delta et au début du lagon. Un joli parcours au creux des monts, sur l'eau verte paisible, quelques avions passant au dessus de nos têtes.
Sauf que ça s'est gâté, par ma faute soi-disant, et que la pluie s'est invitée, nous obligeant le temps du pique-nique sur un îlot à nous réfugier sous un arbre et à improviser un petit feu pour nous réchauffer!!!
La Nouvelle-Calédonie paradis tropical vous avez dit???
* C'est le titre français d'un James Bond de 1983 avec Sean Connery. Ce dernier avait déclaré quelques années plus tôt qu'il n'endosserait plus jamais le rôle de l'agent 007...

dimanche 31 juillet 2011

Chercher la petite bête

Si dans un but quelconque vous avez envie de vous enrhumer, et bien je vous conseille la sortie nature sur le platier côtier Ricaudy en tee-shirt sans manche un jour de petit vent frais; c'est ce que j'ai fait ce matin. Jérôme aussi, mais lui s'est montré prévoyant, il avait pris son vieux sweat.
Vous resterez les pieds dans l'eau pendant trois heures, aurez la chair de poule ("piloérection" en langage savant) tout ce temps et rentrerez chez vous transis, les orteils gelés: résultat garanti! J'exagère à peine. Le sens latin du mot "rheuma" n'était-il pas "flux de la mer"?...
Organisée par le CIE (Centre d'information à l'environnement), la sortie sur le récif Ricaudy (côte blanche à Nouméa) propose de sensibiliser le public à la biodiversité marine et à l'environnement en découvrant les espèces qui vivent dans le platier frangeant.
A marée basse (à une hauteur d’eau inférieure à 45cm, soit à mi-mollet) nous avons arpenté la zone avec un animateur bien sympathique afin de mieux connaître les habitants du platier.
Nous avons fouillé parmi les herbes, algues, coraux et éponges, en nous efforçant tous de perturber le moins possible cet écosystème fragile.
Et qu'est-ce que nous avons pu observer? Des cônes, des limes, des oursins, des synaptes, des petites crevettes, des squilles, des holothuries, de minuscules poissons clowns cachés dans des anémones, des étoiles de mer bleues, etc, etc.
Le mois de juillet appartient à la période de grand marnage, aussi, autour de nous, plusieurs personnes (majoritairement des femmes) pratiquaient une pêche récréative à pied, un mélange de promenade et de pêche. Seau dans une main, couteau ou râteau-griffe dans l'autre, elles grattaient et tripatouillaient pour le plaisir et la consommation.
Il faut savoir que par le piétinement, cette pêche est responsable d'une dégradation des coraux branchus.
Et qu'environ 5 tonnes de coquillages (palourdes, grisettes, etc.) sont prélevées annuellement par ce type de pêche qui paraît pourtant bien anodine.
En conclusion, la sortie a été très instructive mais un peu réfrigérante...

lundi 25 juillet 2011

Thio'oooooooooooooooo

Ce week-end, nous avons laissé Nouméa secouée par des rafales de vent et de pluie pour aller à Thio à l'occasion de la foire annuelle. Au programme: baleine bleue géante gonflable, canards en plastique, manèges, sono claironnante, barbes à papa, stands de restauration rapide, gadgets, etc... Une vraie foire quoi, même si on a plus l'habitude de voir ça sur du béton et du bitume!
Thio est une petite commune située sur la côte Est de la Grande Terre, dans la province Sud, à 120 km de Nouméa.
Au début du siècle, ce village était le principal port minéralier de Calédonie. Aujourd'hui, l'activité minière et le nombre d'habitants sont en baisse, aussi essaie-t-on de développer le tourisme.
C'est vrai que la commune possède beaucoup d'atouts avec la plage accueillante de Moara, la somptueuse baie de Port bouquet et ses pins colonnaires élancés, les maisons coloniales, les pétroglyphes, la rivière aux belles courbes, les tribus éparpillées dans la végétation, les îlots bordés de sable blanc...

Pour parfaire le tableau déjà bien agréable, nous avons eu la chance de nager pour la première fois avec un dugong dans les eaux claires, tout près de la côte. Paisible, l'animal broutait les herbes marines sans se soucier de nous; il a donc été facile de l'observer et même de le toucher.
Bref, on y retournera plus longuement bientôt car c'est désormais un de nos coins préférés du territoire!

mardi 19 juillet 2011

Nouille toi-même!

Le titre du message traduit bien l'état d'esprit dans lequel je me trouve. Il fait suite à mon "appel" du 28 juin qui n'a rencontré aucun écho ou presque !
Bah, vous me direz que le célèbre appel du 18 juin (1940) prononcé par un certain Général n'a été entendu que par peu de Français et qu'il n'a été connu qu'ultérieurement... Illustre comparaison.
Il n'empêche. C'est un fiasco. Si je n'emploie pas le mot "Bérézina", c'est parce qu'on m'aurait accusée de mélanger époques et grands personnages. Et "fiasco", c'est d'origine italienne, donc ça m'arrange vis-à-vis de ce qui suit...
Profondément frustrée alors face à un tel silence, j'ai hésité à tirer la grille en métal sur le blog et à y coller une affichette avec "à vendre" écrit dessus en lettres coulantes. Sauf que je n'ai rien à vendre. A acheter par contre oui. Du nécessaire et du superflu.
Et sur l'île comme en métropole, les enseignes de la grande distribution rivalisent d'ingéniosité pour tenir leurs clients captifs, accrochés tous les jours de la semaine à un caddie presque aussi gros que leur 4X4.
En ce moment, c'est l'Italie qui est l'invitée vedette des supermarchés.
Ah, l'Italie !!!
Avides de nouveautés et nostalgiques des saveurs de la lointaine Europe, les consommateurs se ruent sur les gondoles remplies de produits made in Italia derrière lesquelles des vendeuses en canotier et tee-shirt rayé sourient du mieux qu'elles peuvent. On divertit le chaland, on le stimule, comme avec une nouvelle attraction ou un nouveau jouet.
Inutile de prendre l'avion, la gastronomie transalpine est là, à portée d'assiette et de marmite: risotto, huile d'olive, biscuits Mulino bianco et surtout, farfalle, tortellini, fusilli, spaghetti, penne, ravioli !
Fatalement, j'ai moi aussi lorgné les petites boules blanches de mozzarella en bocal, reniflé les odeurs de sauce tomate méditerranéenne, siffloté sur l'air populaire "bella ciao" et acheté des pâtes. De quoi agrémenter le quotidien et changer des monotones féculents locaux tels que l'igname, le taro, le manioc ou la patate douce. Exit les tubercules qui ressemblent à des gourdins préhistoriques!
Des pâtes donc! Et non des "nouilles" trop connotées andouilles, Germaine, famille nombreuse, jambon et vache qui rit.
Emprunté à l'allemand Nudel, le style "nouille" désigne aussi de façon péjorative certaines exubérances ornementales végétales propres au style décoratif art nouveau du tout début du XXème siècle.
Quelques rares témoignages de ce mouvement artistique aux lignes courbes subsistent dans le centre-ville de Nouméa.

P.S.: sans qu'il y ait forcément de rapport de cause à effet, la lamentable pub pour le café Lavazza montrant une femme nue dans un plat de spaghettis, dont j'avais parlé dans un précédent billet, a été recouverte depuis...

mardi 28 juin 2011

Anniversaire(s)

Aujourd'hui, cela fait exactement un an que je vis en Nouvelle-Calédonie.
Décollage de Paris-Roissy le mardi 26 juin à 22H30, direction les antipodes.
Atterrissage le jeudi 28 à 07H30 au petit aéroport de la Tontouta.
Je me souviens des premiers paysages calédoniens aperçus du ciel au matin, les plaines et les monts vert clair, le sol rouge, le lagon, les îlots, puis enfin l'arrivée sur le tarmac, le collier de fleurs, les retrouvailles avec Jérôme...
A l'occasion de cet anniversaire qui précède d'un jour le mien, je reprends mes crayons de couleur en référence à l'image qui figure en en-tête du blog et je vous laisse la parole. Oui. Dîtes-moi un peu, beaucoup, passionnément, à la folie... pas du tout, votre sentiment pour ce petit carnet numérique que je partage avec vous depuis un an. Un petit commentaire au bas de ce message. Ou juste un petit bonjour, lecteurs d'ici ou d'ailleurs, lecteurs familiers ou anonymes, lecteurs assidus ou intermittents, venus là par hasard, par nonchalance, curiosité ou envie.
Une manière pour moi de savoir un peu qui vous êtes et d'entendre une voix (un petit signe de temps en temps, ça créera un peu d'écho - Eh oh... Il y a quelqu'un??? -), car il faut avouer que c'est frustrant de publier des billets dans un désert immense et muet!
Vous me répondrez que la frustration a ses bienfaits. D'accord. Qu'il ne faut pas douter pour si peu. OK. Que la porte est étroite. Je sais.
Il n'empêche que souvent un sentiment de solitude et de vacuité me gagne à force de dialogues entre JE et MOI JE devant un miroir...

lundi 27 juin 2011

Yaté


Au coeur de la région dite du Grand Sud s'étend un vaste espace de plaines et de collines au réseau hydrographique dense et au sol ferreux recouvert d'une végétation buissonnante dite de maquis minier.
Le village de Yaté est à l'abri dans la baie de Waho.
Le lac de Yaté est un lieu de pêche, de randonnées à vélo, à pied ou en kayak.
Il s'agit d'un lac artificiel dont le barrage a été construit en 1959 sur le cours de la rivière bleue, afin de répondre à l'importante demande en électricité de l'usine de traitement du nickel de Doniambo à Nouméa.
Il assure environ un tiers de la production d'énergie électrique du territoire et représente la plus grande réserve d’eau douce de l’île.



Dimanche, nous avons fait une petite randonnée sur l'ancienne route à horaire, une route étroite, en corniche, avec des trous bleus en contrebas, une cascade et des points de vue panoramiques sur le village de Yaté, le barrage (45 m de haut) et le lac.

Ci-contre une plante carnivore.