mardi 19 avril 2011

Tuo-Cémuhî

Pendant plusieurs mois, Touho a été sous les feux de l'actualité calédonienne à cause de sa décharge d'ordures ménagères et des nuisances occasionnées aux riverains. On entendait donc davantage parler de ses poubelles et de ses déchets que de son agrément.
Pourtant, l'endroit est vert, accueillant, et recèle une plage, un petit port de plaisance, une mangrove, et à peine plus loin des cascades et des rivières.
Mais qui dit vert dit arrosé. Et avec l'alerte vigilance orange ce week-end, nous nous attendions à recevoir des tonneaux de pluie sur la tête. En réalité, ce fut le cas sur la belle route transversale Koné-Tiwaka qui relie les grandes plaines de l'ouest à la côte tropicale de l'est.
Après ça s'est calmé. Et le lendemain, tandis que Jérôme (plongeur de droite, merci à I.Hanocque pour sa photo sous-marine) a visité les fonds au large de Poindimié, j'ai pratiqué une activité plus terrestre: la randonnée. Sur les crêtes, en direction de l'antenne télé .
Il y a des objectifs de balade plus pittoresques me direz vous. D'autant que je n'avais pas de problème de réception. Et que je n'étais pas non plus en prise à un accès de haine fiévreuse et violente qui m'aurait soudain poussée à solliciter cuisses et mollets pour détruire le symbole de l'endormissement des consciences. J'ai tout simplement emprunté ce sentier car il ménage de beaux points de vue sur le lagon, le récif, les îlots... et sur l'unique aérodrome de la côte Est.
Dans la petite commune de brousse, la vie semble paisible.
Onze tribus cultivent et vendent des produits maraîchers.
On peut donc s'approvisionner en fruits et légumes à des prix bien inférieurs à ceux du marché de Nouméa. L'occasion aussi d'entendre parler paicî et cémuhî . Touho appartient en effet à l’aire coutumière paicî-cèmuhî, tirant son nom des deux langues qui y sont parlées: le cèmuhî utilisé à Touho, et le paicî, l'une des quatre langues kanak ouvertes à l'enseignement. Cette dernière est optionnelle au baccalauréat et enseignée en Deug "Langues et Cultures Régionales" à l’Université de Nouvelle-Calédonie depuis la rentrée 2000.
Amis métropolitains, pour éclairer votre quotidien d'une touche exotique , pourquoi ne pas suivre à distance des cours de langue paicî? C'est plus original que l'anglais, moins baroque que la viole de gambe et surtout beaucoup moins fatigant que le fitness!
Si vous êtes curieux, voici le lien vers une page de l'Académie des langues kanak :
http://www.alk.gouv.nc/portal/page/portal/alk/langues/paici
On y trouve un alphabet, un lexique, des poèmes et des berceuses. De quoi s'initier et occuper joyeusement vos heures de loisirs et celles de vos enfants!

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