samedi 30 avril 2011

Le bonheur est dans le riz (bien cuit)

C'est une première dont je ne suis pas peu fière : nous avons investi dans un autocuiseur, appelé aussi rice cooker ou marmite à riz!
Là, je sens la raillerie prête à pointer dans vos esprits en m'imaginant un tablier autour de la taille, en ménagère accomplie. Quelle transformation en un an seulement!!! Et qu'est-ce donc que ce sujet bassement prosaïque? Il ne manquerait plus qu'elle se mette à nous parler du prix des yaourts et du chocolat (oui, la vie est très chère en Nouvelle-Calédonie terre des marges scandaleuses, des taxes, des quotas, et des monopoles empêchant toute concurrence).
Que nenni, que nenni. Cet achat revêt beaucoup plus d'importance qu'il n'en a l'air. Associé à celui de la natte de plage, il marque un deuxième pas vers une intégration sociale réussie car tout résident (et a fortiori tout Calédonien) qui se respecte possède une natte et un rice cooker. Sans ces deux objets le Calédonien perd ses caractéristiques et donc son identité.
Là je vous ai calmés.
Mais nos lecteurs réguliers les plus avisés relèveront tout de même ici une contradiction apparente dans mon discours... Effectivement, dans un billet précédent je m'élevais contre l'assujetissement de la femme et aujourd'hui je m'apprête à faire l'apologie d'un appareil ménager...
Bon, d'une part cet appareil est commun, c'est-à-dire qu'il a été choisi à deux et que son utilisation ne m'est pas exclusive. D'autre part, il s'avère vraiment indispensable si on mange souvent du riz. Et ici, sur le territoire, où cette céréale est pourtant importée, on en mange précisément très souvent, c'est même l'alimentation de base. Du riz blanc, dans les plats asiatiques servis dans les nombreux snacks, et aussi dans les plats locaux pour accommoder le cerf ou les crevettes notamment.
Avant d'arriver en Nouvelle-Calédonie, je méprisais ROYALEMENT ce genre d'appareil électro-ménager (notez au passage l' allusion discrète au mariage de William de Galles Mountbatten-Windsor, futur William V, hier à Londres. Cependant je n'en parlerai pas sous peine d'être considérée comme une véritable guimauve écervelée car ce sujet ajouté à celui de l'électroménager me discréditerait totalement). Je le jugeais encombrant et superflu, dignement représentatif de la société de consommation.
Mais j'en ai eu soudain assez de manger du riz trop cuit et sans saveur. Surtout après avoir goûté un riz délicieux préparé au rice cooker. Incomparable!!!
Certes, "avant", je ne respectais aucune méthode, même élémentaire. Je ne rinçais pas le riz, je ne surveillais pas la cuisson, je ne chronométrais pas, j'oubliais de saler, etc, etc, bref, je mettais de la mauvaise volonté et manifestais mon "je-m'en-foutisme" à l'égard de la cuisine. Pour une fille qui est née dans la seule région de France où l'on produit du riz , il n'y avait pas de quoi se vanter.
L'adverbe "avant" doit logiquement entraîner un "après". C'est le cas. Désormais, je sais enfin comment préparer le riz. Je suis convertie et prise d'un enthousiasme fébrile, au point d'utiliser à tout bout de champ cet appareil, préparant du riz et encore du riz.
Au risque peut-être de saturer.

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