dimanche 15 juillet 2012

Cataplasme à la feuille de chou

Un torchon, qu'est-ce que cela évoque pour vous?
Un tissu grossier servant pour les tâches ménagères? Une préparation particulière du jambon? Un film de Bertrand Tavernier? Un écrit sans valeur ou un journal méprisable?
Ici, quand on parle de torchon, on sait de quoi il s'agit: du seul quotidien d’information de l'île, le journal officiel d'actualité Les Nouvelles Calédoniennes qui est publié sur le territoire depuis 1971.
J'y vais fort, mais non sans raison. Et je m'explique sans tarder.
- Primo l'écriture indigente. Souvent confuse, maladroite et familière, l'expression ne brille pas par sa qualité. Et les fautes d'orthographe sont légion. En cela, on peut déjà s'interroger sur la formation des personnes (je n'emploie pas le terme de journaliste à dessein) qui écrivent dans les colonnes de ce canard en situation de monopole.
- Secundo le contenu démagogique et inepte. D'une grande pauvreté d'information, il est totalement dépourvu d'analyse et d'investigation. On nivelle par le bas, privilégiant les fadaises à la réflexion. Ainsi, on écrira 800 signes par exemple sur une aubergine de 1,25 kg, tandis qu'on passera sous silence toutes les magouilles politico-économiques caractéristiques du territoire, privant par là le lecteur du droit essentiel de savoir. Vous imaginez bien qu'avec des gros titres racoleurs, populaciers et triviaux du genre de "Mordu par son chien" ou "Le mystère de l'ovni de Païta", il n'y a aucun risque de méprise, on sait que les articles en question n'ont pas été signés par une plume pamphlétaire et libertaire!
- Tertio le plagiat. Le journal plagie en effet les grands quotidiens français en procédant à des copiés-collés des articles traitant de l'actualité internationale.
- Quarto le prix. Le journal publie des articles sur la vie chère en Calédonie mais adopte une attitude purement mercantile en remplissant ses pages de publicité et en proposant une édition en ligne dont le contenu intégral (articles et archives) est payant.
- Quinto la tromperie et le manque de fiabilité de l'information. En l'absence totale de déontologie, les articles publiés sont parfois des reprises mot à mot de vieilles rumeurs qui circulent sur le net depuis des lustres. On l'a vu encore récemment à travers un article du 13/07/12 intitulé "Un amour de requin, trop beau pour être vrai!" et relatant les mésaventures d'un pêcheur australien avec une femelle requin blanc. Ce texte, censé être une "actu", datait en fait (après recherche) de 2006! Devant cette flagrante mystification des lecteurs, j'ai publié un commentaire virulent en ligne sous le texte en question. Le résultat a été radical et rapide: suppression pure et simple par le webmaster du texte incriminé et censure des commentaires des lecteurs indignés! Sans aucun mot d'excuse ni aucune explication bien sûr (en général quand il y a des boulettes de ce genre qui se glissent dans les colonnes, la rédaction invoque une erreur de "typographie"...).
Avec ce genre de pratiques honteuses dignes du charlatanisme, on touche aux missions essentielles du journalisme qui sont le devoir d'informer, le respect du lecteur et de l'intérêt public, la crédibilité, la responsabilité, la rigueur, l'exactitude et la véracité.
La Nouvelle-Calédonie doit construire son avenir? Ce ne sont manifestement pas les Nouvelles calédoniennes qui aideront sa population à réfléchir, faire des choix éclairés, exercer son esprit critique, évoluer et franchir les étapes vers le développement...
Boycottons cette feuille de chou symbole de l'imposture ambiante qui règne sur l'île!






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