jeudi 7 octobre 2010

Economie et biodiversité


La biodiversité de la Nouvelle-Calédonie est considérée comme la plus importante de la planète avec celle de Madagascar. Selon un article de l'IFREMER (Les Rendez-vous de la biodiversité marine - publiés dans du 30 Avril 2010), "la biodiversité marine y est exceptionnelle. Certains sites abritent 580 espèces à l’hectare ! Il y a plus d’espèces marines sur une bande de 20 x 10 km de ce lagon, que dans l’ensemble de la Méditerranée".

2010 est l'année de la diversité biologique.
A l'occasion de la fête de la science, mercredi 6 et jeudi 7 octobre à l'UNC et l'IRD de Nouméa, Jacques Weber, économiste et anthropologue, membre du Comité de Veille Écologique, directeur de l'Institut Français de la Biodiversité (IFB) et directeur de recherche au Cirad, a animé deux conférences sur "Les enjeux économiques de la biodiversité" et "Les humains dans la biodiversité".
Avec R. Barbault, il a publié en septembre 2010 La vie, quelle entreprise ! Paris, Editions du Seuil, 196 p.
Le secteur des sciences est très dynamique en Nouvelle-Calédonie, notamment grâce à l'IRD (Institut de recherche pour le développement).

Après avoir expliqué l'importance de la biodiversité, les interactions existant entre les organismes vivants, les services que la biodiversité nous rend à travers la pollinisation, la purification de l’eau, le recyclage de l’atmosphère, sans lesquels nous ne pourrions pas vivre, ou encore la collaboration qui s'est établie pour produire notre nourriture, fabriquer nos vêtements, lutter contre les maladies, etc., le conférencier militant a mis en rapport cette diversité avec la crise économique actuelle.
Puis il a présenté des propositions: sans parler de décroissance, il s'agit de modifier nos comportements, de conserver la disponibilité des services que nous fournit la nature par la gestion de l'environnement, des ressources renouvelables, des écosystèmes, d'investir dans le développement durable, de redonner une valeur intrinsèque (et non un prix) aux éléments de la nature que nous utilisons et de taxer toutes les consommations de ressources naturelles en redistribuant équitablement en direction des pays en développement dont nous exploitons justement les ressources naturelles.
« Le temps où les entreprises pensaient leur contribution à la biodiversité en finançant la préservation de quelques espèces emblématiques est derrière nous.
Mon hypothèse de travail est qu’il serait nécessaire que la richesse que créent nos économies puisse reposer sur l’entretien ou l’amélioration des écosystèmes. Et ce, alors que c’est leur dégradation qui crée aujourd’hui la richesse. Une telle hypothèse suppose un basculement des régulations, le remplacement de tout ou partie des taxes et charges pesant sur les salaires et sur l’outil de travail. Il faut une taxation de toutes les consommations de nature : énergie, eau, ressources renouvelables et non renouvelables » (Jacques Weber).

Créé au Japon par la fondation Nagoya, le logo ci-dessus est une représentation en origami des humains entourés de la faune et de la flore.

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