dimanche 15 janvier 2012

"On est foutu on mange trop" (Alain Souchon)

Après avoir atterri à l'aéroport de la Tontouta, il faut rouler encore 40 minutes avant d'atteindre Nouméa.
Pendant le trajet, on manifeste généralement autant de vigueur qu'un coing blet. Le regard flotte avec indolence et effleure à peine les paysages traversés. Impossible cependant de ne pas remarquer les nouveaux chantiers, les nouvelles constructions: toujours plus de logements, de bâtiments commerciaux et de terrassements... Le développement est si rapide que sous l'effet de cette transformation conjuguée à la fatigue du voyage et à la chaleur, notre cerveau abasourdi s'engourdit complètement au fur et à mesure des kilomètres. L'urbanisation gagne du terrain, le grand Nouméa s'étend toujours plus.
Participant à cette même dynamique, sortie elle aussi dans le même élan, une affiche publicitaire géante m'a quelque peu réveillée hier. Elle vantait les délices du hamburger "Malibu", dernier né de McDonald's, une spécialité culinaire "sea and sun" supposée peut-être coller à la culture et aux attentes de l'île.
Il y a deux McDonald's en Nouvelle-Calédonie et une cinquantaine rien qu'à Auckland, dernière ville où nous avons séjourné en Nouvelle-Zélande. Depuis 1955, date d'ouverture du premier restaurant McDonald's aux Etats-Unis, plus de 120 pays connaissent le goût hégémonique standardisé de la viande grasse et du pain sucré, et la Nouvelle-Zélande est le deuxième pays après les Etats-Unis en nombre de fast food (estampillés par le logo aux arches dorées) par habitant. Franchement, il faut reconnaître que leurs pubs sont souvent très créatives (la lune, le passage piétons..., jetez un coup d'oeil là: http://www.designswan.com/archives/20-creative-and-smart-mcdonalds-advertisement-designs-over-world.html), et avec le Wi-fi gratuit gratuit dans toute la chaîne de restaurants, ils ont réussi à attirer beaucoup de consommateurs à la recherche d'un "troisième lieu", un espace social où se connecter entre la maison et le travail.
Hamburger, fish and chips... La malbouffe gangrène en tout cas le "pays du long nuage blanc" qui voit son taux de personnes obèses augmenter chaque année.
Mais ce n'est évidemment pas le désir de faire bonne chère qui conduit à choisir la Nouvelle-Zélande comme destination de vacances, donc on ne peut pas parler de déception à ce niveau.
Tout aussi isolée géographiquement, la Nouvelle-Calédonie tente en ce qui la concerne d'attirer les touristes néo-zélandais en promouvant sa gastronomie. Sur une brochure disponible dans l'agence d'Aircalin, l'argumentaire élogieux qualifie l'île de "gourmet paradise" et classe la gastronomie parmi les dix bonnes raisons de visiter le territoire. Euh, je ne suis personnellement pas convaincue par l'expérience culinaire, surtout lorsque l'on sait que la Nouvelle-Calédonie, malgré 53 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté, occupait en 2008 la quatrième position selon l'indice Big Mac qui estime le niveau de vie des pays dans lesquels McDonald's est présent. Pour une qualité médiocre, tout y est si cher que de retour, on en viendrait presque à regretter les cheeseburgers à 1,5 $ NZ...
Allez, sur cette hérésie, je vous laisse à vos micro-ondes et vous souhaite une BONNE ANNÉE à toutes et tous!!! "D'abord la bouffe, après la morale!" disait un des personnages de l'Opéra de Quat'sous de Brecht...

2 commentaires:

  1. Bonne et heureuse année à vous (ouf, 'suis encore dans les temps).
    Ce petit mot pour vous dire que, même si vous vous faites rare ici*, j'apprécie de lire vos billets et de parcourir régulièrement votre blog... Ca me titille de plus en plus de venir faire un petit séjour sur le caillou... Peut-être fin 2012 ! A suivre...
    Dans l'attente, continuez de par vos publications à générer pour moi l'envie de prendre mon billet !
    Cordialement,
    Christophe, alias Ho.

    * Je dis cela alors que mon propre blog est en friche depuis plusieurs mois !

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