mardi 23 août 2011

"Rame, rame, rameurs, ramez, on avance à rien dans c'canoë" (Alain Souchon, Rame)

"Ralentis le retour et tends les bras sur l'avant! Allonge le mouvement! Monte les épaules! Tiens ton dos droit! Plie les genoux! Enfonce moins tes palettes! Pousse avec les jambes! Tire avec les bras! Accentue le mouvement! Développe l'amplitude! Tiens ta rame correctement! Moins court, je ne peux pas suivre! APPLIQUE-TOI BON SANG!!!!!!!!!!!"
Voilà les mots doux que me susurrait la voix masculine du rameur derrière moi, dimanche, sur la rivière Tontouta. Des conseils bienveillants au départ, qui se sont vite mués en reproches acrimonieux...
Evidemment, à la différence des galériens (nous sommes, ne l'oublions pas sur une terre de bagnards) je n'étais ni enchaînée ni fouettée, mais il n'était pas question de rêvasser, de canoter comme sur les tableaux impressionnistes, au fil de l'eau, en regardant mollement les paysages défiler sous une ombrelle, non, non, non! Il fallait oublier toute image romantique et ramer. Ramer, encore et encore. "Régulièrement" criait Jérôme. "Mécaniquement" pensais-je en serrant les dents... Car l'aviron est un sport de glisse, un sport technique, et si en double skull un des deux rameurs (moi) se refuse à fléchir correctement, l'autre (Jérôme) subit. Pour résumer, crescendo, les étapes ont été les suivantes: primo face à tant de mauvaise volonté, le deuxième rameur a d'abord rongé son frein, secundo il a perdu patience, tertio il est sorti de ses gonds et in fine a juré solennellement qu'on ne l'y reprendrait plus, jamais plus jamais*.
La journée avait pourtant commencé dans la bonne humeur, sans écueil: rendez-vous à 8H45, chargement des bateaux, route jusqu'à la rivière Tontouta (qui a donné son nom au village et à l'aéroport international), déchargement et équipement sur l'eau après le pont métallique. L'objectif étant de descendre la rivière - qui en réalité est un fleuve, mais personne ne l'appelle ainsi- jusqu'au delta et au début du lagon. Un joli parcours au creux des monts, sur l'eau verte paisible, quelques avions passant au dessus de nos têtes.
Sauf que ça s'est gâté, par ma faute soi-disant, et que la pluie s'est invitée, nous obligeant le temps du pique-nique sur un îlot à nous réfugier sous un arbre et à improviser un petit feu pour nous réchauffer!!!
La Nouvelle-Calédonie paradis tropical vous avez dit???
* C'est le titre français d'un James Bond de 1983 avec Sean Connery. Ce dernier avait déclaré quelques années plus tôt qu'il n'endosserait plus jamais le rôle de l'agent 007...

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